Personnalités célèbres

Mairie de Sarlat » Découvrir Sarlat » Histoire / Patrimoine » Personnalités célèbres

La Calprenède

Né vers 1610, au château du Toulgou, Gautier de Coste de La Calprenède gagne Paris en 1632 où il est reçu comme cadet dans le régiment des Gardes, les fameux cadets de Gascogne. En 1650, il est fait gentilhomme ordinaire de la chambre du roi. Il devient célèbre comme auteur de théâtre et surtout de romans-fleuves, dont les plus connus sont : Cassandre (1642-1645), Cléopâtre (1647-1658) et Faramond (1661-1663). Ce genre littéraire plein d’une morale austère et de beaux sentiments a le don d’émouvoir les dames de la cour d’Anne d’Autriche. Gascon dans l’âme, La Calprenède répond à Richelieu qui trouve ses vers un peu lâches : « Comment, lâches, canédis ! Il n’y a rien de lâche dans la maison de La Calprenède. » À propos de ses œuvres, Mme de Sévigné écrit : « C’est plein de méchants mots et pourtant je ne laisse pas de m’y prendre comme à de la glu. » De ses livres, illisibles aujourd’hui, nous conservons l’expression « fier comme Artaban ». On peut encore voir dans le Périgord noir son château du Toulgou, une grosse ferme près de Salignac, qu’il vantait à la Cour comme un palais des Mille et Une Nuits. Il possédait à Sarlat une maison dans la rue qui porte son nom. Cet aimable gentilhomme apprécié par Condé, Fouquet, Molière et Mlle de Scudéry, meurt d’un accident de cheval, le 20 avril 1663.

Joseph Joubert

L’écrivain philosophe Joseph Joubert, né en Sarladais à Montignac en 1754, demeure fort apprécié dans les milieux universitaires et littéraires. Ses aphorismes emplissent généreusement les dictionnaires de citations. Son arrière-grand-père était cuisinier à Sarlat et son père conjuguait à Montignac les fonctions de chirurgien et de patron de l’Auberge du cheval blanc.

Joubert s’installe à Paris en 1778, fréquente Denis Diderot pour qui il effectue divers travaux de secrétariat et rencontre René de Chateaubriand qui lui accordera sa confiance ainsi que le privilège de critiquer ses écrits. Joubert, qui devient sous l’Empire l’un des tout premiers inspecteurs généraux de l’Éducation nationale (dite alors « université impériale »), est réputé pour ses Pensées et son importante correspondance. Il meurt en 1824.

Fournier-Sarlovèze

Issu d’une famille d’aubergistes, François Fournier naquit à Sarlat le 6 septembre 1773. Après des études chez les clercs de Gourdon, il quitte Sarlat en 1791 et s’engage dans la cavalerie où il devient sous-lieutenant en 1792. Cet ardent jacobin montre un caractère entier, emporté, paillard et querelleur. Il obtient le grade de colonel des hussards en 1799 et remporte de brillants succès en Italie à Marengo (juin 1800). Mais son franc-parler lui attire un ennemi de poids : Bonaparte. En 1801, accusé de complot contre le Premier Consul, emprisonné au Temple, il est écarté de son commandement et exilé à Sarlat. En 1805, il est réintégré et nommé adjudant à l’armée de Naples. Général de brigade en 1807, il s’illustre en Espagne en dirigeant la défense de Lugo. En 1809, il est jugé responsable de la brouille entre Ney et Soult et renvoyé à Sarlat. Fournier s’est enrichi, il acquiert dans la ville des biens immobiliers et rachète le jardin du Plantier à la municipalité. En mai 1812, lors de la campagne de Russie, il tente d’avertir l’empereur d’un échec prévisible avant de perdre les deux tiers de son régiment lors du passage de la Bérézina. Il est à nouveau exilé à Sarlat, sous surveillance. En 1814, sous Louis XVIII, il reçoit la fonction d’inspecteur général de cavalerie en résidence à Sarlat. Mais il s’attire l’inimitié du ministre de la guerre Gouvion-Saint-Cyr qui le met définitivement en disponibilité.

 

Il est fait comte en 1820 par Louis XVIII qui lui adjoint le titre de Sarlovèze. Il meurt à Paris en janvier 1827. Ses restes furent transférés à Sarlat et une tombe en forme de pyramide fut érigée en l’honneur de ce militaire au caractère bien trempé.

Paul Éluard

Né le 14 octobre 1895 à Paris, Paul Eluard, de son vrai nom Eugène Grindel, accompagne André Breton et Louis Aragon au sein des mouvements dadaïste et surréaliste, et au parti communiste, avant de se libérer de toute influence. Ami des peintres Pablo Picasso, Max Ernst, Man Ray et Salvador Dalí, il souhaite élaborer une poésie claire et cristalline, révélatrice des mystères du monde. Antifasciste, il est le grand poète de la Résistance ; son poème Liberté, extrait de Poésie et vérité 1942 est un hymne universel. Sa première épouse, Gala, l’ayant quitté pour Dali, il épouse Nush en 1934 et lui dédie ses plus beaux poèmes : L’amour, la poésie, La vie immédiate. Après la mort de Nush en 1949, il rencontre la Sarladaise Dominique lors d’un congrès de la paix à Mexico. Il l’épouse en 1951 et lui dédit son recueil Le Phénix. Il partage sa vie entre sa maison de Beynac et celle de Dominique, à Sarlat, sur la colline du Mas. Sa dernière œuvre Poésie ininterrompue 2 est entièrement écrite en sarladais. Un de ses poèmes majeurs Le château des pauvres tire son nom d’un lieu-dit sur la route de Meyrals : « Il ne faut pas de tout pour faire un monde. Il faut du bonheur et rien d’autre. » Solidaire de toutes les pensées généreuses, Paul Eluard reste le poète de l’émerveillement devant le miracle de la vie et la profonde richesse de l’homme. Il est mort le 18 novembre 1952.

Le chanoine Jean Tarde (1561-1636 )

 Né à La Roque-Gageac, Jean Tarde vécut dans plusieurs villes méridionales avant de venir à Sarlat. Ses trente premières années furent marquées par les guerres de Religion. Théologien, homme de sciences, il était avant tout mathématicien. Son statut d’ecclésiastique lui permit de nouer des relations avec d’autres savants à Bordeaux et en Italie. Il avait rencontré notamment Galilée en 1614 à Florence, en accompagnant l’évêque de Sarlat, Louis II de Salignac, à Rome.

 

Il perfectionna la cartographie, en utilisant la triangulation. Il publia sa méthode, expérimentée dans le diocèse de Cahors et le bassin de la Garonne dans son ouvrage Usage du cadran à aiguille aimantée en 1623. Vicaire général du diocèse de Sarlat en 1594, il fut chargé d’en faire l’état. Il en dressa la carte, éditée en 1624 (voir p. 00).

Enthousiasmé par le télescope de Galilée, il observa à son tour, depuis La Roque-Gageac, les taches solaires qu’il interpréta comme les satellites du soleil. Il publia sa découverte en 1620, qu’il dédia au roi de France sous le titre Les Astres des Bourbons.

 

Astronome, il n’en était pas moins touché par les désastres de la guerre. Voulant sauvegarder la mémoire de son pays, il recueillit tous les actes anciens et composa les Chroniques, les seules sources imprimées du diocèse de Sarlat.

Alain Carrier

« On doit toujours quelque chose à son pays quand on a réussi ailleurs. » dit Alain Carrier, né en 1924 à Sarlat. Le lien généreux entre l’affichiste de renommée internationale et sa ville natale n’a jamais cessé de se tisser intimement.

 

Adolescent, il est engagé dans les rangs de la résistance sarladaise. Il « monte » ensuite à Paris après avoir été remarqué pour ses talents de dessinateur par O’Galop (créateur du bibendum Michelin). Assistant du célèbre Paul Colin, il réalise rapidement les affiches des spectacles d’artistes tels que Louis Jouvet, Édith Piaf ou Bourvil… En plus d’innombrables affiches publicitaires, son œuvre s’enrichit de celles qu’il réalisa pour soutenir de nombreuses causes humanitaires. Certaines obtiennent les plus hautes distinctions et ornent aujourd’hui une dizaine de musées en France et à l’étranger. Dans le Larousse illustré, figure l’affiche d’Amnesty International Non à la Torture alors qu’une autre était proposée en 1999 au baccalauréat… diplôme qui fut refusé à trois reprises au jeune artiste !

 

Cofondateur du Festival des jeux du théâtre de Sarlat en 1952 pour lequel il réalise une affiche chère au cœur des Sarladais, il offre enfin près de 80 affiches pour les divers événements culturels et associations qui animent la cité.

Henry de Ségogne - (1901-1979)  

Henry de Ségogne fut conseiller d’état honoraire auprès d’André Malraux. Juriste de formation, et alpiniste à ses heures – il conquit l’Everest avec Herzog -, le duc de Ségogne devint à Sarlat président de la Société auxiliaire de restauration du patrimoine monumental d’intérêt national. C’est lui qui donna un principe aux travaux de restauration du secteur sauvegardé : « Restaurer un secteur sauvegardé c’est restaurer son architecture mais c’est aussi lui restituer cette vocation d’être habité par des hommes de notre époque. » Ému par la dégradation de Sarlat, il est à l’origine, avec Max Sarradet, du premier projet d’aménagement du centre en 1959. Proche collaborateur du ministre de la Culture, il est le rédacteur de la loi du 4 août 1962, dite loi Malraux, sur les secteurs sauvegardés. Ce qui explique que Sarlat fut le premier îlot opérationnel afin de servir de « laboratoire » pour les autres secteurs sauvegardés.

Véronique Filozof

Les années 1950 ont marqué un renouveau dans l’art. Avec Maurice Albe et l’affichiste Alain Carrier, Véronique Filozof est une artiste importante pour comprendre cette période. Née à Bâle en 1904, elle arrive en France en 1922 et réside en Alsace. Ce sont les hasards de la guerre qui la font échouer à Sarlat en 1941 dans les murs décrépis du présidial. De retour en Alsace, elle commence à peindre en 1946, encouragée par ses amis, dont Paul Eluard rencontré au Mas chez la famille Lemort. L’éclosion de son art produira en 1949. La première exposition, Le Périgord noir, a lieu à Sarlat, chez son ami tapissier décorateur Pierre Rivière. Plusieurs grandes villes l’accueillent, dont Paris, mais elle restera toujours fidèle à Mulhouse… et à Sarlat. Concrétisation de son immense talent, les tapisseries d’Aubusson créent en 1963 une série de projets avec, en tête, Le Chat rouge. Ce peintre hors du commun connaît ensuite une carrière internationale. Elle expose en Suisse, au Maroc, aux Pays-Bas, au Brésil, au Canada et aux États-Unis. Sarlat la reçoit de nouveau, aux Pénitents blancs en 1967 et dans la maison Lambert en 1970 (4, cour Véronique-Filozof). Après sa mort en janvier 1977, la municipalité lui rend hommage en juillet-août et présente ses œuvres à l’ancien évêché puis au Salon de Noël à l’hôtel Plamon. La dernière exposition sur le thème Paris vu par Véronique Filozof a lieu en 1979 à l’école Jules-Ferry de Sarlat.

 

Jean Cocteau a dit d’elle : « Le miracle de Véronique consiste à faire voir de n’importe quel œil comme le poète se fait entendre de n’importe quelle oreille. »

Etienne de La Boétie (1530-1563)

Né à Sarlat, Etienne de La Boétie (1530-1563) est un philosophe et magistrat dont l’analyse subversive, des rapports domination-servitude, a renouvelé la pensée démocratique, a libéré et libère encore bien des esprits. Hormis la rédaction de son œuvre majeure, le Discours de la servitude volontaire, il est aussi l’auteur de nombreuses traductions de Xénophon et de Plutarque ainsi que des poèmes tels que les Vingt-Neuf Sonnets.

 

Il fut aussi le mentor de Michel de Montaigne qui reconnut en lui un idéal d’amitié. 

 

Issu d’une puissante famille sarladaise, Etienne de La Boétie voit le jour dans la maison qui porte aujourd’hui son nom, construite par son père entre 1520 et 1525. Sa naissance coïncide avec l’arrivée  du nouvel évêque de Sarlat, Nicolas Gaddi qui insuffle dans la ville l’influence culturelle et artistique du courant humaniste.

 

Rapidement orphelin, Etienne de La Boétie part étudier le droit, sans doute à Paris, puis à Orléans. En 1553, il devient à seulement 24 ans conseiller au parlement de Bordeaux où il rencontre Montaigne. Il épouse la même année, Marguerite de Carle, issue d’une grande famille d’officiers du parlement de Bordeaux.

 

Durant sa courte carrière, il n’a de cesse d’œuvrer pour garantir l’unité du Royaume en faisant appliquer la politique de conciliation voulue par le pouvoir avant le déclenchement des guerres de Religion. 

 

Il meurt à Germignan dans le Médoc en 1563.

 

Etienne de La Boétie est resté célèbre pour son Discours de la servitude volontaire. Texte pionnier pour bon nombre de démocraties modernes qui a accompagné tous les mouvements de résistance et les révolutions du XVIe s. à nos jours.

Lucien de Maleville (1881-1964)

Né à Périgueux en 1881, Lucien de Maleville est le cadet d’une fratrie de sept enfants, fils d’Ernest, marquis de Maleville, et descendant du célèbre jurisconsulte Jacques de Maleville, corédacteur du Code civil de 1804.

 

Très jeune déjà, Maleville se passionne pour le dessin, grandissant dans le cadre romantique et sévère du château de Fénelon, d’où il contemple la vallée de la Dordogne et les ruines environnantes. Mais ce n’est qu’une fois licencié en droit en 1903 qu’il pourra pleinement se dédier à sa vocation artistique. Il est auditeur à l’Ecole nationale des Beaux-arts et élève à l’Académie Julian dans l’atelier de Jean-Paul Laurens, où il acquiert une technique classique rigoureuse. Il commence sa carrière en caricaturant notamment ses amis de la haute société périgourdine. Dès 1910 il expose à Périgueux, puis l’année suivante à Paris, au Salon des Artistes Français.

 

Son atrophie de l’épaule et du bras gauche, des suites d’une poliomyélite, lui vaut d’être classé dans les services auxiliaires et d’être dispensé du service militaire. Après avoir participé à la Première Guerre mondiale, il peut de nouveau se consacrer pleinement à son art. Peintre postimpressionniste, il obtient la reconnaissance avec une médaille d’argent du Salon de 1927, puis la médaille d’or et le hors concours à celui de 1937. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Lucien de Maleville jouera un rôle actif dans le recensement et la préservation des monuments historiques de la Dordogne. Il décède en 1964 et est inhumé au cimetière de Domme.

Gabriel Tarde (1843-1904)

Face au Palais de Justice, sur le côté droit, une statue de marbre honore Gabriel Tarde (1843-1904). Descendant d’une illustre famille sarladaise de magistrats, conseillers du roi dès le XVIIe s, il suivit un enseignement chez les Jésuites de Sarlat puis des études de droit. Il devint juge suppléant à Sarlat en 1869, procureur de la République à Ruffec (1873) et juge d’instruction à Sarlat (1875).

 

Brillant orateur, il fut le représentant français de la sociologie psychologique avec en 1890 les Lois de l’imitation. Dans la lignée de son lointain parent Jean Tarde, il se fit historien en écrivant une Histoire de la Roque-Gageac. Il accéda à de hautes fonctions entre 1894 et 1904, devenant successivement directeur de la Statistique criminelle au ministère de la Justice puis, en 1900, professeur au Collège de France. Il souffrit, sa vie durant, d’une maladie des yeux intermittente et disparut à 60 ans, à Paris, victime d’une crise cardiaque. Il  fut enterré à la Roque-Gageac.

 

En guide d’hommage, le sculpteur Injalbert représente une figure allégorique de la philosophie que surmonte le buste de Gabriel Tarde. Inauguré en 1909, en présente de sommités du monde scientifique de l’époque dont Léger, professeur au Collège de France, la cérémonie attira un large public. Elle fut marquée par la lecture d’une lettre de Bergson.

Justin de Selves (Toulouse, 1848 - Paris, 1934) :

Formation et carrière professionnelle :

Après des études au collège de Montauban et au lycée d’Alger, il est nommé capitaine pendant la guerre de 1870. Peu après, il est appelé à la direction des services administratifs du ministère de la Guerre à Tours puis est chargé de la direction de la sous-intendance de Toulouse, Montauban et Aurillac.

 

Devenu docteur en droit, il s’inscrit au barreau de Montauban mais décide d’entreprendre une brillante carrière administrative : Préfet du Tarn-et-Garonne en 1880, de l’Oise en 1882, de la Meurthe-et-Moselle en 1884, de la Gironde en 1885. Il est nommé en 1890 directeur général des Postes et télégraphes. Le 23 avril 1896, il est nommé préfet de la Seine.

 

 Carrière politique :

 

  • Sénateur du Tarn-et-Garonne de 1909 à 1927.
  • Président du Sénat de 1924 à 1926
  • Ministre des Affaires étrangères du 27 juin 1911 au 9 janvier 1912.
  • Ministre de l’Intérieur du 29 mars au 1er juin et du 9 au 13 juin 1924.

Distinctions :

 

Justin de Selves est élu en 1910 membre de l’Académie des beaux-arts en reconnaissance de l’action qu’il a menée, comme préfet de la Seine, dans le domaine artistique. Il est officier de l’Instruction publique et grand officier de la Légion d’honneur.

 

Justin de Selves et Sarlat :

Il lègue à l’hôpital de Sarlat son domaine de Loubéjac, par testament en 1927. 

Robert Couzinou (1888 – 1919)

Robert Couzinou est né le 4 octobre 1888 à Sarlat. Il fait ses études musicales et des débuts brillants de baryton dans le Sud-Ouest de la France. Il sera engagé à l’Opéra de Paris en 1913. Durant sa carrière il a souvent chanté en province mais il a aussi connu le succès du Metropolitan Opera de New-York pendant deux saisons et à l’Opéra Royal de Covent Garden de Londres.

 

Attaché à sa terre natale, Robert Couzinou donne à la ville un second fonds de peinture et d’arts graphiques pour enrichir le musée de Sarlat déjà bénéficiaire d’un premier fonds donné par Emmanuelle Lasserre. Il se sert de sa renommée de chanteur d’opéra parisien pour faire appel à ses amis artistes et rassemble pour la ville une collection d’œuvres riche et variée.

 

Il consacre les dernières années de sa vie à Paris à l’enseignement du chant et meurt à Paris en 1919.

Hommage aux résistantes et résistants sarladais

la mémoire transmise par la jeunesse

Le jeudi 8 mai 2025, à l’occasion de la commémoration de la Victoire de 1945, des élèves du lycée Joséphine Baker de Sarlat ont prêté leur voix à l’histoire locale pour rendre hommage aux femmes et aux hommes de la Résistance dont les noms figurent aujourd’hui sur les plaques de nos rues, places et avenues. À travers des lectures poignantes, ils ont redonné vie aux parcours de ces Sarladais qui ont risqué — et parfois donné — leur vie pour notre liberté.

Cet hommage n’a pas seulement célébré des héros, il a aussi témoigné de la transmission d’une mémoire vivante, portée avec force et émotion par la jeune génération. Ces lectures publiques ont permis à chacun de se souvenir que derrière chaque nom de rue, il y a une histoire personnelle, un engagement, un courage.

Les noms de nos rues, témoins d’un passé résistant

La Ville de Sarlat a choisi d’inscrire la mémoire de la Résistance dans le paysage urbain, en donnant le nom de plusieurs résistantes et résistants à des voies publiques. Parmi eux :

  • Henriette Amable, agent de liaison du groupe Alliance, exécutée en Allemagne à 26 ans.

  • Henri Arlet, étudiant et maquisard, fusillé à Toulouse en 1943.

  • Lucien Badaroux, chef de l’Armée Secrète dans le Sarladais, acteur majeur de la Libération locale.

  • Émile Séroux, avocat et résistant, mort en déportation à Buchenwald.

  • Guillaume et Jean Détraves, père et fils déportés à Auschwitz ; seul le père en reviendra.

  • Marc Busson, garagiste, fusillé à Saint-Amand-de-Coly.

  • Marcel Crémon, marchand forain, exécuté à Carsac.

  • Louis Bonnel, libraire, mort en déportation à Natzweiler.

  • André Liarsou, chauffeur, torturé puis fusillé à Proissans.

  • Victor Nessmann, médecin alsacien réfugié à Sarlat, mort sous la torture.

  • Hélène Rochette, cultivatrice, résistante déportée puis libérée.

  • Lucien Dubois, industriel, responsable du groupe AS-Victor.

  • Edouard Kauffmann, colonel, chef régional du groupe Alliance, exécuté en 1944.

  • Xavier Vial, employé de la manufacture de tabac, membre de l’Armée Secrète.

À travers eux, c’est toute la diversité des parcours de résistants — hommes, femmes, civils, militaires, jeunes, plus âgés — que la Ville de Sarlat entend honorer.

Une jeunesse engagée dans le devoir de mémoire

Les lycéens ont travaillé en classe sur ces figures de la Résistance locale, puis ont prêté leur voix lors de la cérémonie du 8 mai pour raconter, parfois dans le détail, des destins bouleversants.

Baptiste a relaté le parcours de Guillaume et Jean Détraves, père et fils déportés ensemble. Le premier, rescapé, poursuivra une carrière politique ; le second, Jean, mourra d’épuisement dans un wagon en avril 1945.

Éléonore a fait revivre la mémoire d’Émile Séroux, avocat sarladais, engagé dans le mouvement Libération et mort des suites de la déportation. Ses mots, appuyés par une citation de Robert Antelme, ont donné toute la mesure de l’horreur des camps.

Gabriel a lu le témoignage rédigé en 1963 par Lucien Badaroux, chef de l’Armée Secrète du Sarladais, acteur clef de la Libération de Sarlat. Il a raconté avec précision les sabotages, les combats, les embuscades et la reconquête de la ville.

Bertille a évoqué avec sobriété l’engagement et la fin tragique d’Henriette Amable, jeune femme exécutée à 26 ans en Allemagne pour avoir servi la Résistance aux côtés du colonel Kauffmann.

Par leur voix, ces élèves ont incarné une mémoire vivante et ont transmis l’héritage de la Résistance à tous les participants.

Cliquez ici pour lire les textes rédigés et lus par les lycéennes et lycéens Sarladais

Un patrimoine mémoriel ancré dans la ville

Les lectures de ces jeunes rappellent que notre patrimoine ne se limite pas à la pierre et à l’architecture. Il vit aussi dans les noms de nos rues, les récits que l’on partage, les valeurs que l’on transmet. La Résistance sarladaise est une part intégrante de notre identité collective. Grâce à cet hommage et à l’implication des jeunes, ce passé continue de résonner aujourd’hui.

Rechercher dans le site

Sarlat l’appli

GRATUIT
VOIR